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Histoire — 22 mars 2026

25 000 vies sauvées : l'histoire du système Cospas-Sarsat

Le 9 septembre 1982, quelques semaines après le lancement du premier satellite Cospas soviétique, un pilote canadien tombe aux commandes de son petit Cessna dans la forêt de Colombie-Britannique. Sa balise émet. Le satellite capte. Le signal est relayé au Canada. Il est sauvé en moins de 24 heures. C'était la première vie sauvée par Cospas-Sarsat.

Quatre pays, une idée

Cospas-Sarsat naît en 1979 de l'alliance improbable entre quatre nations en pleine Guerre Froide : les États-Unis (NASA, NOAA), le Canada (Department of National Defence), la France (CNES) et l'URSS (Minsvyazi). L'idée : utiliser les satellites météo américains Tiros et les satellites russes Cospas comme relais de balises de détresse sur 406 MHz. La collaboration tiendra quand bien d'autres projets Est-Ouest tombaient. Parce que 44 ans après, elle a dépassé les 25 000 sauvetages.

1982-2006 : la génération LEOSAR

Pendant 24 ans, Cospas-Sarsat fonctionne en LEOSAR — Low Earth Orbit, des satellites à 850 km. Le signal 406 MHz est capté lorsqu'un satellite passe au-dessus de la balise, environ une fois par heure, avec 15 à 90 minutes de latence. La précision est Doppler : ±5 km.

C'est lent, mais cela sauve en moyenne 500 vies par an.

2006-2024 : l'arrivée du GEOSAR et MEOSAR

Le GEOSAR ajoute des satellites géostationnaires (Inmarsat, GOES) qui captent instantanément le signal 406 MHz, mais sans position Doppler. La balise doit donc embarquer un GNSS pour transmettre elle-même sa position.

Puis arrive MEOSAR : les satellites GNSS (Galileo, GPS, GLONASS) intègrent des récepteurs SAR directement. Une balise 406 MHz déclenchée en 2026 est détectée en moins de 60 secondes avec précision GNSS ±50 m — un progrès radical.

Les chiffres actuels

  • Plus de 25 000 vies sauvées au total (chiffres Cospas-Sarsat fin 2024).
  • Environ 2 500 sauvetages par an depuis 2018.
  • 60 pays contributeurs et 45 LUTs opérationnelles.
  • 72 satellites MEOSAR actifs en 2026 (Galileo SAR + GPS SAR + GLONASS SAR).
  • Temps de détection médian : moins de 4 minutes.

La France, pays pionnier

Le CNES de Toulouse héberge le FMCC (French Mission Control Center) qui traite toutes les alertes européennes. Le système Galileo SAR, développé sous coordination française, est désormais le premier contributeur mondial en nombre de satellites MEOSAR. ResQRent est l'un des acteurs civils français qui contribue à la démocratisation de ce système, en rendant les balises accessibles à tous par la location.

L'avenir : 2025-2030

Le RLS (Return Link Service) de Galileo se généralise sur toutes les balises neuves. La deuxième génération de balises 406 MHz (SGB — Second Generation Beacon) démarre son déploiement, avec un débit informationnel multiplié par 100 (incluant la nature de la détresse, le nombre de personnes, etc.). D'ici 2030, le temps médian d'arrivée de secours pourrait descendre sous les 30 minutes en Europe.

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